Etre asexuel ne veut pas dire que l'on ne peut pas tomber amoureux, et comme les asexuels sont peu nombreux, il arrive fréquemment qu'un(e) asexuel(le) tombe amoureux(euse) d'un(e) sexuel(le) : hétéro, homo ou  bi. (Le cœur a ses raisons que la raison ignore et l'on ne peut pas savoir de qui notre cœur va s'éprendre.)

Là se pose un choix, à savoir : faut-il avoir des rapports sexuels quand on n'en ressent pas l'envie ?

Dans une relation de couple entre deux personnes sexuelles, n'importe quel sexologue répondrait qu'il faut écouter ses désirs et ne surtout pas faire quelque chose si l'on n'en a pas envie. Or, dans une relation comme celle-ci, il arrivera toujours un jour où l'envie se fera sentir de part et d'autre.

Par contre, dans un couple où l'un des deux est asexuel, ce dernier n'éprouvera probablement jamais cette envie, tandis que le ou la partenaire ressentira ce désir d'avoir des rapports sexuels. Par conséquent, faut-il appliquer ce conseil suggérant de respecter ses désirs, ou plutôt son absence de désir en l'occurrence, ou faire une concession en acceptant d'avoir des rapports sans pour autant éprouver une attirance sexuelle pour son ou sa partenaire ?

En toute logique, si l'on n'éprouve pas "d'attraction" sexuelle, il n'y a aucune raison d'avoir des rapports sexuels…A priori.

Seulement, pour "conserver" son couple, notamment en satisfaisant les besoins de son partenaire, il faut bien à un moment ou à un autre consentir à avoir des relations intimes charnelles. Toutefois, à posteriori, il s'avère qu'accepter d'avoir des rapports sexuels pour faire plaisir à son partenaire peut être psychologiquement éprouvant. En effet, d'une part, l'asexuel, à force de se "dévouer" pour le plaisir de son partenaire, fini souvent par en vouloir à ce dernier de toujours être obligé de subvenir à ses besoins hormonaux. Et d'autre part, le sexuel qui, il faut le dire, continu sa relation de couple dans l'espoir, l'illusion, et l'attente d'un changement "d'état" de l'asexuel fini par se lasser, ou par réaliser que ce changement n'aura peut-être jamais lieu. D'où il résulte le fait que les deux membres de ce couple ne peuvent rester et être épanouis dans une telle relation, en tout cas sur du long terme (là, il convient de rappeler que les notions de temporalité sont subjectives ; certains considèrent que deux mois durent longtemps alors que d'autres trouvent que deux mois sont courts.)